La crise syrienne n’en finit plus de durer. Partout, les réfugiés syriens arrivent. En Europe mais aussi en Jordanie, à côté du village de Zaatari, dans un camp situé à 20 km de la frontière syrienne. Ils sont 80 000 à attendre que cette guerre finisse.

« Insh Allah, nous rentrerons en Syrie », murmure Abu Ayman, dans sa caravane. Tous. Tout les syriens qu’a vu défiler le camp depuis 3 ans cultivent l’espoir de rentrer. Mohamed montre la télévision. Un reportage sur la présence russe sur le territoire. « La guerre va continuer longtemps », dit-il. Il tire sur sa cigarette avant d’ajouter. « Même si l’on rentre, tout est détruit, tout est fini. Nous ne reverrons jamais plus la Syrie que nous avons connu ».

Ils attendent. Il n’y a presque que cela à faire. Attendre à la station de police pour obtenir une permission de sortie, attendre pour recevoir le pain quotidien, attendre pour aller voir le médecin, attendre que la guerre se termine.

Ce n’est qu’une question de temps avant que ne soit mis un terme aux règles spécifiques qui entourent les réfugiés syriens. Elles s’assouplissent déjà. Les caravanes ont remplacé les tentes. Les commerces ont fleuri. La ville entre dans un état transitoire alors que la guerre continue de faire rage en Syrie et qu’une issue politique ou armée semble hypothétique.

Reportage réalisé au nord de la Jordanie en Octobre 2015, avec le soutien logistique d'ACTED.