Au coeur de la France, à cheval entre l’Allier, la Creuse et le Puy-de-Dôme, se trouve un territoire oublié : les Combrailles. Ancien bassin minier, l’âge d’or de la région est désormais loin derrière elle.

Monika Marton, cinquante-huit ans et d’origine polonaise, s’y est installée il y a maintenant quinze ans. Elle y élève un troupeau des brebis et des veaux et refuse la mécanisation de l’agriculture. Elle a subi une opération de la hanche en début d’année (2016) qu’elle reportait depuis des années en raison de son activité. Elle continue malgré tout de travailler en pleine période d’agnelage.

Enfant du pays, Michel Message a cédé une partie de ses terres à un chévrier qui n’était pas de la région. Une partie du troupeau de ce dernier a été égorgé et la grange de Michel incendiée. Las, ce dernier a dû reprendre ses terres et le chevrier s’est depuis installé dans la région nantaise. L’affaire, maintenant vieille de huit années n’a jamais été résolue. Depuis, Michel avait toujours refusé de céder face à ceux qui sont pour lui à l’origine de l’affaire : ses voisins. Passeport vers les aides européennes, la terre continue à faire l’objet de convoitise. Fatigué, à soixante-trois ans, il a décidé de cesser la lutte.

Solitaires et isolés, Michel et Monika vivent à quelques kilomètres l’un de l’autre.

Ils ne se sont jamais croisés.

Cette histoire tente de raconter le rapport au territoire à travers deux figures, l’une qui s’y est installé volontairement, l’autre qui y est né et ne l’a jamais quitté. Et pourtant se posent de la même manière question de l’attachement à un lieu, une place, un lieu. Appartient-on à un territoire ? Jusqu’à découvrir qu’il nous est désormais impossible de le quitter ?